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Missionnaires de Marie
XAVERIENNES

Le chemin du pardon. L'exemple d'Isidore Bakanja

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16 Mars 2026

Le 8 novembre dernier, lors d'une audience jubilaire, le pape Léon XIV a évoqué le cas d'un jeune bienheureux de la République démocratique du Congo, peu connu à l'étranger mais très aimé dans son pays. Avec Anuarite et Floribert, il est l'un des trois bienheureux du Congo, tous martyrs en jeune âge.

Isidore Bakanja vécut au plus fort de la violente domination du roi belge Léopold II sur le Congo. Né vers 1885 dans ce qui est aujourd'hui la province de l'Équateur, il décida, vers l'âge de 18 ans, de partir pour la ville afin d'y chercher du travail. Il exerça la profession de maçon, se montrant consciencieux, calme et sociable. Il y rencontra les Pères trappistes et entendit parler de Jésus pour la première fois. Une foi et un amour profonds naquirent en lui, et en 1906, il fut baptisé.

Avec le chapelet, il reçut le scapulaire de Notre-Dame du Mont-Carmel. Bakanja le porte autour du cou et ne l'enlève jamais. Sa vie rayonne d'une lumière nouvelle qui attire les autres à la rencontre de Jésus. Sans négliger son travail, Bakanja partage naturellement sa foi avec ses compagnons et leur enseigne à prier.

Après avoir achevé ce travail, malgré les avertissements de ses amis contre le fait de travailler pour les colons, Bakanja, sans crainte, trouva un emploi chez un employé d'une compagnie de caoutchouc. À l'époque, suite à la découverte de son utilité pour le transport sur roues, le caoutchouc était considéré comme l'or du Congo. Si ailleurs il fallait le cultiver, le Congo l'offrait déjà dans ses forêts. La recherche frénétique du caoutchouc causa d'énormes souffrances aux populations, contraintes de s'en procurer une quantité donnée sous peine d'un sort terrible.

Bakanja travaillait dans la plantation du colon et comme domestique. Il portait toujours son scapulaire autour du cou et, pendant son temps libre, partageait sa foi avec les autres travailleurs. Cela irrita le propriétaire, qui voyait dans les missionnaires une menace pour son pouvoir et une voix pour défendre le peuple opprimé. La situation s'aggrava lorsque le premier patron partit travailler avec un autre colon, Van Cauter, l'emmenant avec lui.

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Le scapulaire autour du cou de Bakanja et son témoignage auprès des autres ouvriers irritent fortement son nouveau patron : il l’insulte, lui ordonne de l’enlever, mais Bakanja, calme et fort, répond qu’il a toujours bien fait son travail et refuse d’enlever le scapulaire. Van Cauter contraint deux de ses ouvriers, sous la menace, à fouetter Bakanja à plusieurs reprises, utilisant finalement un fouet en peau d’hippopotame réparé avec deux clous à son extrémité. Le corps de Bakanja est couvert de plaies. Van Cauter arrache le scapulaire, le fait dévorer par le chien, puis inflige à Bakanja des coups de fouet de plus en plus nombreux.

Entre 150 et 250 coups de fouet le laissent dans un état de souffrance extrême. Il est jeté dans un entrepôt, où il reste trois jours, ne recevant qu’un peu de nourriture en cachette de ses compagnons. Sachant qu’une inspection est imminente, Van Cauter veut le faire transférer dans un autre village. Bakanja se glisse dans la brousse et y reste.

L'homme qui le rencontre est horrifié par le spectacle : couvert de sang, entouré de mouches. Bakanja explique qu'il a été frappé parce qu'il est chrétien. L'homme l'accompagne au village. L'inspecteur le trouve et le fait emmener en ville pour qu'il soit soigné.

Cependant, l'infection l'a complètement rongé. Deux prêtres trappistes passent par-là : calme, Bakanja raconte les événements. Il se confesse, reçoit la communion et dit : « Père, je ne suis pas en colère. Le Blanc m'a battu ; c'est son problème ; il doit savoir ce qu'il a fait. Bien sûr qu’au ciel, je prierai pour lui. » Bakanja meurt le 15 août 1909. Béatifié par le pape Jean-Paul II, sa fête liturgique est célébrée le 12 août. Van Cauter fut condamné à deux ans de prison.

Proclamé patron des laïcs congolais, ce jeune homme est le porte-étendard de générations de Congolais qui ont souffert de la violence du régime colonial. Si l'oppression du régime léopoldin fut particulièrement atroce, on peut affirmer que toute l'Afrique a subi de profondes blessures du fait de l'agression des pays colonisateurs. Ces derniers expriment aujourd'hui tout au plus leurs regrets, mais n'osent demander pardon de peur que l'Afrique n'exige des réparations.

Ce serait déjà une compensation si cette mentalité prédatrice avait disparu, mais ce n'est pas le cas, comme le montre la tragédie sans fin qui sévit dans l'est du Congo. Bakanja nous surprend tous avec son pardon.

Souvent, a souligné le pape Léon en concluant sa catéchèse, « les anciennes Églises du Nord du monde reçoivent des jeunes Églises ce témoignage qui les pousse à marcher ensemble vers le Royaume de Dieu, qui est un Royaume de justice et de paix. L'Afrique, en particulier, demande cette conversion, et elle le fait en nous donnant de nombreux jeunes témoins de la foi. Espérer, c'est témoigner que la terre peut vraiment ressembler au ciel ».

Teresina Caffi

Teresina Caffi, nata a Pradalunga (Bergamo) nel 1950, è entrata fra le Missionarie di Maria, Saveriane, nel 1971 e ha fatto la sua prima professione nel 1974. Nel 1982 è partita per il Burundi. Da lì, nel 1984 è passata nell'allora Zaire (oggi Repubblica Democratica del Congo). Licenziata in Teologia biblica, ha lavorato nell'ambito dell'animazione parrocchiale e dell'insegnamento biblico. In questi anni vive sei mesi l'anno in una comunità nella Repubblica Democratica del Congo e sei mesi in Italia