Cloches et sonnettes : Le son de Dieu
Nous voici réunies, le 11 février 2026, jour où nous nous souvenons avec une solennité particulière de toutes les personnes malades. Nous l'avons fait ici, dans notre « Maison Mère » à Parme, où nous avons célébré l'Eucharistie quotidienne, entourant l'autel de notre chapelle de fauteuils roulants et de déambulateurs, précieux compagnons de nos sœurs aînées et qui connaissent quelques difficultés en plus.
Elles chérissent ce lieu sacré ; elles y puisent toutes leurs forces, animées par un profond désir de se rapprocher du Seigneur.
Leur témoignage de don total de soi m’encourage dans ma mission actuelle : prendre soin d’elles.
Une phrase du père Eugenio Nembrini me revient à l’esprit : « La vie, même lorsqu’elle est difficile, est merveilleuse, car c’est précisément dans cette vie que le Mystère peut triompher. »
Oui, après tant d’années, mes sœurs aînées reçoivent aujourd’hui une mystérieuse bénédiction : celle d’être au centre du cœur de Dieu, car c’est là qu’Il garde toutes leurs souffrances et leurs désirs encore nombreux.
C’est un peu comme admirer le récit du livre de la Genèse, chapitre 32, où Jacob, après avoir lutté de toutes ses forces, est touché par une force divine : il en ressort boitant, mais transformé. Jacob ne veut pas que cette expérience s’arrête là : il demande une bénédiction et reçoit à nouveau la vie, la vie au nom du Seigneur.
La présence de Dieu en chacun de nous est un véritable mystère ; mais chez la personne malade, c’est un trésor précieux qui ne demande qu’à être découvert.
Je vous souhaite à tous non pas une seule journée, comme le 11 février, mais de nombreuses journées où vous rencontrerez avec émerveillement le côté divin, beau et authentique de la personne malade que Dieu a placée à vos côtés.
Je vous quitte maintenant, car je suis interrompue par la sonnerie d’une sonnette, comme celles qu’une infirmière a l’habitude d’entendre.
Ce son (bip…) rythme mes journées ces derniers temps, tout comme les cloches de mon village natal rythmaient le travail des cultivateurs et les exhortaient à prier.
Je veux dire que dans le son des cloches et de la sonnette résonne la même voix de Dieu qui m’invite à le rencontrer : souffrant ou anxieux, joyeux ou mélancolique, mais toujours certaine que… le Mystère peut triompher.




